Les observables à connaître pour cerner le tempérament d’un cheval

Les études sociologiques montrent que les cavaliers choisissent leur cheval principalement en fonction de son tempérament. Que ce soit pour un achat, une balade ou comme cheval préféré de centre équestre, ce qui importe le plus c’est la personnalité. Celle-ci se révèle au travers des comportements. Or, parfois, nous n’en saisissons pas la portée et il est important d’évaluer correctement un cheval, pour notre sécurité, son bien-être et la relation.

© PHOTO PAR ELISA LEVREL PHOTOGRAPHIE


4 points clés à vérifier

La vie des chevaux à nos côtés leur imposent des contraintes. Il s’agit d’évaluer leur capacité à vivre dans notre environnement. Notamment sur les points suivants :

La relation à l’humain : elle est clé. Si elle n’est pas bonne, l’améliorer est une priorité.

L’émotivité : le cheval est l’animal domestique qui a le temps de réaction le plus court. Le situer dans sa réactivité aux émotions est indispensable à la sécurité de tous.

La grégarité : sa capacité à être loin des congénères est aussi garant de la sécurité quelle que soit la discipline.

Le bien-être / mal-être : un cheval mal dans sa peau peut devenir agressif, exploser sans raison, dépérir, tomber malade (ulcères, coliques)… Au contraire, un cheval bien dans ses sabots sera plus performant.

La relation à l’humain 🤗

  • Si le cheval couche systématiquement les oreilles quand l’humain approche (personne connue et inconnue), c’est que sa relation à l’être humain est globalement mauvaise. Ce n’est pas qu’il a mauvais caractère, mais il a eu trop d’expériences négatives et se méfie. 
  • S’il couche les oreilles uniquement face à une personne en particulier ou face à des inconnu-es, c’est qu’il dirige sa méfiance envers un certain type de personne. Cela doit vous inviter à la vigilance pour que cela ne se dégrade pas plus.

L’émotivité 😱

  • Un cheval qui réagit à trop de stimuli ou qui réagit trop vivement à certains stimuli est un cheval émotif. L’émotivité est toujours définie par rapport à d’autres chevaux (de la même race, du même élevage, pension…). Exemple : un cheval d’obstacle qui réagit fort à un pot de fleurs sur le parcours est un cheval émotif car la plupart des chevaux ne réagissent pas à ces décorations.
  • Si vous êtes vous-mêmes émotifs, évitez les chevaux émotifs, vous allez vous entrainer dans la peur, comme dans l’excitation, ça risque de vous mettre tous les deux en danger.

La grégarité 🐴

  • Agitation, vocalisation à l’éloignement des congénères, sont des signes de grégarité. Leur intensité vous en disent plus sur le degré de celle-ci.
  • La grégarité peut s’exprimer pour l’éloignement des congénères globalement ou d’un congénère en particulier (son pote de pré, de box). 
  • En fonction de la discipline visée, la grégarité est plus ou moins problématique. Tenez-en compte dans votre choix.

Le bien-être/mal-être 👍👎

  • Distinguer le cheval au repos (lèvres pendantes, paupières baissées) du cheval apathique (regard fixe et vide, lèvres contractées). Ce dernier est en dépression et il convient de le traiter comme un cheval malade, avec beaucoup de soins et d’attentions.
  • Un cheval qui se défoule en sortie de box, de pré a peu de chance d’être un cheval heureux. La suractivité n’est pas un critère de dynamisme, c’est plus souvent un indicateur de problème sous-jacent. Le cheval est une espèce calme, l’activité doit toujours être regardée comme une difficulté du cheval à s’adapter (hors contexte ponctuel de peur, d’intégration au troupeau).

👉Le saviez-vous ?
Le cheval est capable de généraliser. Quand il a plusieurs bonnes ou mauvaises expériences dans un domaine, il va apprendre à faire confiance ou à se méfier. C’est grâce à cette capacité intellectuelle que les chevaux en viennent à ne pas apprécier tous les êtres humains, les chiens ou au contraire à apprécier une balade avec l’humain et les chiens !


Le mot de Ca Mikaze 🐴

“Ma personnalité  se révèle en partie quand je suis poulain mais n’est définitive qu’à l’âge de 10-12 mois. Ensuite, elle va s’affiner tout au long de ma vie. Toutefois, si je suis émotive à 1 an, je le serai toute ma vie. Seules des expériences positives me rendront plus « posées », mais, comme l’humain, je ne changerai pas fondamentalement.”

Article écrit en collaboration avec Alexandra Mailliard, spécialiste en éthologie appliquée. Elle est titulaire d’un DU Éthologie du Cheval (Université Rennes I). Elle est également membre de l’Association pour le Développement des Sciences Équines et participe activement au groupe “Vulgarisation des études scientifiques”. Elle propose différentes formations adressées aux particuliers comme “Apprendre à son cheval” ou un stage “Dialogue & Complicité” avec son cheval.
➡️ Pour en savoir plus : https://bucephale.blog4ever.com/.


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