7 solutions pour éviter que votre cheval ne s’échappe de son pré

On a tous connu ce moment où on arrive devant le pré de notre cheval et… qu’il n’y est absolument pas là ! Il a pris la poudre d’escampette et a filé à travers champs (dans le meilleur des cas). Les fugueurs peuvent être des multi-récidivistes et ça en devient vite préoccupant. Dans cet article, la spécialiste en éthologie appliquée Alexandra Maillard, vous donne 7 solutions pour diminuer les fugues de vos chevaux !

Cause n°1 : des clôtures défectueuses ❌

📸adeline duprez

De multiples causes peuvent fragiliser les clôtures et les rendre franchissables !

⚠️1. Un ou plusieurs piquets mouvants :

Cela peut être dû à un sol rendu mou (pluie, type de sol meuble) ou instable (racine, galerie d’animaux) ou à du grattage régulier des chevaux sur le piquet.

Solution : vérifiez bien le type de sol dans lequel sont plantés les piquets.
Si un risque se présente (pluie intense, galerie…), surveillez régulièrement de près. Voire replantez le piquet plus loin ou rajoutez un intermédiaire entre deux piquets.

⚠️2. Des fils distendus ou un courant qui passe mal :

Solution : vérifiez chaque semaine, a minima, que les fils sont tendus sur toutes les longueurs clôturées. Ils sont toujours sur au moins deux hauteurs. La hauteur dépend des équidés qui sont dans la pâture. Un fil supplémentaire à 20-30cm du sol est une sécurité supplémentaire pour les poneys type shetland ou les poulains curieux. Vérifiez régulièrement que le courant passe partout avec un voltmètre. Changez régulièrement votre batterie et mettez-là sous clé pour éviter les vols.

⚠️3. Des dégradations dûes aux intempéries

Solution : il est indispensable de faire le tour de toutes les clôtures après chaque événement climatique intense et de tout remettre en état immédiatement. Si c’est trop de travail (il faut parfois plusieurs heures), préférez réduire la pâture (ou changez-en si possible) quelques temps et ajoutez du foin plutôt que de prendre un risque.

Le saviez-vous ? 🤓

Pour renforcer une clôture, vous pouvez vous aider des éléments naturels : buissons, groupes d’arbres avec végétation dense à leurs pieds. La densité de la végétation sera dissuasive si elle n’est ni toxique ni trop appétente !


Si vous n’avez pas de barrière naturelle, pensez à planter des orties (oui, oui !), ils forment des buissons denses. Et coupez-les 2-3 fois par an. Laissez sécher 2-3 jours et donnez les aux chevaux, car une fois secs, ils en raffolent car les orties apportent de nombreux minéraux (dont le fer). C’est un puissant remède naturel pour reminéraliser et optimiser l’immunité.


Cause n°2 : la faim 🌿

On estime qu’au-delà de 3 heures sans manger (hors sommeil profond), le cheval commence à souffrir (douleurs au niveau du système digestif). C’est donc un puissant moteur de motivation pour chercher à se nourrir et éviter la douleur.

⚠️1. Le pré manque d’herbe de qualité

Et même s’il nous semble, à nous, humains, qu’il reste encore de quoi grignoter dans le pré, les chevaux mettent souvent de l’herbe au rebus (qui nous semble, à nous, très bien mais à laquelle eux ne toucheront pas, même s’ils ont faim).

Solution : anticiper. Repérez les rebus et quand il ne reste qu’eux, il est temps de changer de pré ou d’ajouter du foin. Idem, si vous repérez que les chevaux passent moins de temps à manger, agissez. Sinon, la moindre faille de clôture et tout le monde sera dehors, là où l’herbe est plus verte.

⚠️2. Le foin n’est pas de bonne qualité

Parfois, c’est évident mais d’autres fois, ça l’est moins pour nous. Ils vont avoir tendance à le délaisser, à ne pas le manger toute la journée. Ou à préférer racler le moindre brin d’herbe près des clôtures ou sous les clôtures.

Solution : changer le foin.

⚠️3. Un aliment très appétant est à la vue du cheval

Solution : évitez d’entreposer un foin très odorant et de bonne qualité à côté du pré. Si vous ne pouvez pas faire autrement, redoublez de vigilance sur la qualité de l’alimentation au pré pour qu’ils ne soient pas tentés. Les chevaux aiment leurs habitudes et rester en groupe social, donc s’ils ont à manger comme il faut, ils n’iront pas chercher ailleurs en prenant le risque d’aller dans un lieu inhabituel, sans les copains.

Cause n°3 : La peur 😱

Un animal inconnu qui traverse le pré, le vent, un bruit ou un objet inconnu, et les chevaux fuient. Parfois, la panique est telle qu’ils préfèrent affronter les clôtures électrifiées pour fuir, en sautant ou en les cassant.

Solution : la prévention. Discutez avec les chasseurs et informez les riverains en expliquant de quoi un cheval peut avoir peur (un chien un peu joueur, des ballons…). Si besoin, mettez quelques panneaux explicatifs (avec de l’humour en prime, ça passe toujours mieux). Enfin, pour les récalcitrants, rappelez qu’en cas d’accident, c’est celui qui a causé la peur qui est responsable.
Si votre pré est longé par un sentier de randonnée ou autre chemin de promenade, prévenez en amont dans les deux sens, de la présence des chevaux et de leur propension à la peur. Pour éviter : chiens joueurs, quad et motos à plein gaz.

En conclusion 🙏

Toutes les solutions abordées ci-dessus pour sécuriser votre cheval permettent de limiter les risques de fugues mais gardez bien à l’esprit que vous ne pourrez jamais éviter une tempête d’avoir lieu, un troupeau de sangliers de traverser votre pâture ou encore un acte malveillant d’ouverture de vos fils.Pour être informé d’une fugue et pouvoir agir au plus vite, vous pouvez :
suivant la superficie à surveiller, installer des caméras autour de votre pré, (attention, cette solution ne vous alerte pas en cas de problème) ou équiper votre cheval d’une solution de surveillance de type Kavale qui vous alertera et géo-localisera votre fugitif.

Le mot de Ca Mikaze

‘Comme tous les chevaux, j’ai besoin de m’alimenter environ 15h par jour. J’ai aussi besoin d’une végétation variée (herbes différentes, buissons, arbres…).Quand je suis au pré, la tentation peut être partout et, si le pré manque d’herbe adaptée, j’ai trop envie d’aller goûter plus loin. Car attention, je ne mange pas n’importe quoi, je sais sélectionner selon mes besoins et la saison, les plantes qui sont le plus bénéfiques à mon métabolisme.’

Article écrit en collaboration avec Alexandra Mailliard, spécialiste en éthologie appliquée.
Elle est titulaire d’un DU Éthologie du Cheval (Université Rennes I). Elle est également membre de l’Association des Sciences Équines et participe activement au groupe “Vulgarisation des études scientifiques”. Elle propose différentes formations adressées aux particuliers comme “Apprendre à son cheval” ou un stage “Dialogue & Complicité” avec son cheval.
➡️ Pour en savoir plus : https://bucephale.blog4ever.com/.

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